L’essentiel
1er septembre 2026 : réception pour toutes les entreprises assujetties concernées.
1er septembre 2026 : émission et e-reporting des grandes entreprises et ETI.
1er septembre 2027 : émission et e-reporting des PME et micro-entreprises.
Factur-X, UBL et CII : trois formats structurés du socle français.
« La facture électronique ne crée pas le désordre, elle le rend visible et bloquant. »
Sébastien Doat, DAF
Pourquoi la facturation électronique est-elle un projet finance ?
La facturation électronique change le circuit des factures, pas seulement leur présentation. Dans nos missions, nous constatons des identifiants manquants, des doublons et plusieurs outils de facturation non reliés. Nous recommandons de résoudre ces problèmes avant la migration : un fichier structuré peut rester mal adressé ou impossible à rapprocher.
Le dirigeant doit pouvoir identifier qui facture, depuis quel outil et pour quelle entité. Nous relions cette cartographie aux achats, aux ventes et aux encaissements. La priorité est un circuit traçable, avec une équipe capable de corriger les exceptions et de retrouver les données utiles à la décision.
Qui est concerné par la facturation électronique et l’e-reporting ?
Le circuit de facturation électronique concerne les opérations couvertes entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA. Nous séparons les ventes entre entreprises (B2B), les ventes aux consommateurs (B2C), l’international et le secteur public. Les exonérations et situations particulières se qualifient par opération, et pas seulement par secteur.
Une micro-entreprise peut être concernée même lorsqu’elle bénéficie de la franchise en base de TVA. Ne confondez pas assujettissement et paiement effectif de la taxe. Nous recommandons d’inscrire le régime de chaque entité dans la matrice des flux, pour éviter de déduire une exemption du seul statut juridique.
| Flux | Dispositif | Action à réaliser |
|---|---|---|
| B2B domestique couvert | Facture électronique via PA | Vérifier le destinataire et son adresse électronique de facturation |
| B2C et international concernés | E-reporting de transaction | Identifier la source de vente et le traitement TVA |
| TVA exigible à l’encaissement, cas concernés | E-reporting de paiement | Relier les encaissements aux opérations et exceptions |
Quelles sont les dates obligatoires en 2026 et 2027 ?
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties concernées doivent pouvoir recevoir les factures électroniques de leurs fournisseurs obligés d’en émettre. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) doivent également émettre et transmettre leurs données d’e-reporting. La DGFiP fixe l’émission des petites et moyennes entreprises (PME) et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
Pour une PME, la réception est donc déjà un sujet opérationnel. Vérifiez la désignation de la plateforme, l’adresse de réception et les accès des personnes qui traitent les achats. Préparez ensuite l’émission sur un échantillon représentatif : un abonnement activé n’est pas une preuve de circuit testé.
| Date | Entreprises concernées | Obligation |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Toutes tailles dans le périmètre | Réception électronique |
| 1er septembre 2026 | Grandes entreprises et ETI | Émission et e-reporting |
| 1er septembre 2027 | PME et micro-entreprises | Émission et e-reporting |
Comment choisir sa plateforme : trois questions à se poser
Le projet d’intégration dépend des sources, des entités et du régime de TVA. Si l’entreprise facture déjà dans son logiciel comptable avec un référentiel propre, le circuit peut être simple. Si un ERP métier reste la source, nous testons connecteur, données et statuts. Le prix de l’abonnement vient après ces vérifications.
- D’où partent les factures : ERP, logiciel comptable, caisse, boutique ou autre outil ? Combien de sources émettent ?
- Quelle répartition entre B2B France, B2C et international, et depuis quelle entité ?
- Quel régime de TVA et quelle exigibilité : débits, encaissements et cas particuliers à vérifier ?
Quelles données préparer : SIREN, SIRET et destinataires ?
Les identifiants et les adresses doivent être cohérents dans le système qui produit les factures. Le SIREN identifie l’entreprise sur neuf chiffres ; le SIRET identifie un établissement sur quatorze chiffres. Nous distinguons ces références, l’entité facturante et l’adresse de routage, plutôt que d’utiliser le nom commercial comme identifiant.
Nous corrigeons les doublons et les champs incomplets à la source. Une correction effectuée uniquement dans la plateforme peut disparaître au prochain import. La procédure précise qui crée un tiers, qui valide un changement et comment la correction est répercutée aux autres outils. Nous conservons la liste des anomalies et leur statut.
Quels tests réaliser avant la mise en production ?
La recette doit couvrir les flux réellement utilisés, y compris les avoirs, les acomptes et les rejets. Pour chaque scénario, nous conservons la donnée source, le résultat attendu, le statut reçu et la preuve de correction. Une facture acceptée pour un client ne démontre pas la couverture de toutes les entités.
Les indicateurs à suivre sont le taux de rejet, le délai de comptabilisation fournisseur, les litiges de réception et le délai moyen de paiement client. Nous définissons leur périmètre et une période de référence. Une variation dépend aussi des ventes et des conditions de paiement : elle ne prouve pas, seule, l’effet d’un logiciel.
« Je ne considérerais pas le projet comme terminé tant qu’une facture rejetée n’a pas été traitée de bout en bout par l’équipe du client, sans nous. »
Sébastien Doat, DAF
Que livre Iter pour préparer la facturation électronique ?
Nous livrons une cartographie des flux, un procès-verbal de tests et une procédure de traitement des rejets. Notre travail comprend le diagnostic, la matrice des cas, la préparation des référentiels, le paramétrage Pennylane lorsqu’il est adapté, puis la formation. Le CFO suit les contrôles dans le cadre du mandat.
La direction désigne la PA, signe les contrats et organise l’exploitation quotidienne. L’expert-comptable qualifie la TVA et les cas particuliers ; l’éditeur assure sa plateforme et son support. Nous coordonnons ces responsabilités autour d’un circuit unique, relié au suivi comptable et à la trésorerie.
Quel rôle jouent la PA, le PPF et l’annuaire ?
La plateforme agréée transmet et reçoit les factures, puis adresse les données réglementaires à l’administration. PA est la terminologie actuelle ; PDP signifiait plateforme de dématérialisation partenaire dans les documents antérieurs. Un logiciel de facturation compatible peut utiliser une PA distincte : son nom commercial ne prouve pas son agrément.
Le portail public de facturation (PPF) porte les fonctions publiques d’annuaire et de concentration des données. L’annuaire permet d’identifier l’adresse de facturation électronique utilisée pour acheminer une facture. Cette adresse ne se réduit pas à une boîte e-mail : le destinataire et les règles de routage doivent correspondre à l’organisation réelle.
Nous recommandons de vérifier l’adresse d’une entité pilote, puis de tester la réception avec les personnes qui approuvent les achats. Conservez la preuve du destinataire, des droits d’accès et du résultat. Si plusieurs établissements partagent une équipe comptable, documentez le circuit de validation avant de multiplier les adresses.
Quels formats utiliser : Factur-X, UBL ou CII ?
Factur-X, UBL et CII sont les formats structurés du socle français. Factur-X associe un PDF lisible et un fichier XML, langage de balisage extensible. UBL signifie Universal Business Language ; CII signifie Cross Industry Invoice. Ces deux derniers décrivent des données structurées directement exploitables par les systèmes.
Nous contrôlons le contenu autant que le format : références, TVA, montants, destinataire et statuts. L’éditeur confirme les formats acceptés par votre progiciel de gestion intégré (ERP) et votre PA. Une conversion de fichier ne corrige ni un mauvais identifiant, ni une mauvaise qualification de l’opération, ni une incohérence entre l’avoir et la facture.
Quelles sanctions et quelle tolérance au démarrage ?
Au 6 octobre 2026, le Code général des impôts (CGI) prévoit 50 € par facture pour le défaut d’émission électronique, avec un plafond annuel de 15 000 €. L’article 1788 D prévoit 500 € par transmission d’e-reporting manquante, plafonnés à 15 000 € par an pour chacune des obligations concernées. Ces montants décrivent la loi applicable à cette date, pas une sanction automatique.
Les textes prévoient une dispense sous conditions pour une première infraction régularisée spontanément ou dans les trente jours de la demande initiale. Pour le défaut de PA de réception, le mécanisme est distinct : mise en demeure de trois mois, puis 500 €, puis 1 000 € en cas de persistance, renouvelables selon la procédure légale.
Le ministère annonce une phase d’accompagnement et de tolérance jusqu’à la fin de 2026 pour les entreprises rencontrant des difficultés de mise en œuvre. Nous recommandons de documenter les incidents et les actions correctives, tout en poursuivant la mise en conformité. La tolérance ne supprime pas l’obligation ni le besoin de désigner une plateforme.
France-Espagne : quelles obligations pour chaque entité ?
La réforme française ne s’applique pas automatiquement à une filiale établie en Espagne. Nous construisons une matrice séparant l’émetteur, son établissement, le destinataire et la nature de l’opération. La maison mère française suit ses obligations françaises ; la filiale espagnole prépare les dispositifs espagnols dans leur propre périmètre.
En Espagne, le règlement des systèmes informatiques de facturation (RRSIF) traite des logiciels et de l’intégrité des enregistrements. VERI*FACTU est une modalité de ce dispositif, distincte de la facture électronique B2B issue de la loi Crea y Crece. L’AEAT indique le 1er janvier 2027 pour les contribuables à l’impôt sur les sociétés concernés, et le 1er juillet 2027 pour les autres contribuables concernés.
Pour la facture B2B espagnole, le décret 238/2026 prévoit douze mois après l’entrée en vigueur de l’arrêté public pour les entreprises dont le volume d’opérations de l’année précédente dépasse 8 millions d’euros, et vingt-quatre mois pour les autres. L’arrêté HAC/1028/2026 entre en vigueur le 6 octobre 2026. Nous planifions chaque entité avec ces textes, sans transposer le calendrier français ni confondre les deux projets espagnols.
- AEAT : Systèmes de facturation espagnols : calendrier RRSIF
- BOE : Espagne : décret 238/2026, facturation B2B
- BOE : Espagne : arrêté HAC/1028/2026, solution publique
Fiscalité France-Espagne : structurer vos décisions par entité
Que vérifier cette semaine dans une PME ?
Une PME doit d’abord vérifier sa capacité réelle de réception, puis préparer l’émission de 2027. Nous recommandons de réunir la direction, la finance et l’interlocuteur logiciel autour de la même liste de flux. Commencez par les achats déjà reçus et les ventes réellement émises, plutôt que par un catalogue de fonctionnalités.
Exemple pédagogique : une PME vend aux entreprises et aux particuliers depuis deux outils. Le premier contrôle identifie quelle entité émet chaque facture. Le second distingue le circuit B2B domestique des données B2C. Le troisième relie les ventes, les avoirs et les encaissements à la comptabilité, sans compter deux fois la même opération.
La décision d’achat vient après cet inventaire. Vous disposez alors d’une liste de données à corriger, de scénarios à tester et de fonctions à démontrer. Nous utilisons ces éléments pour établir la charge, organiser les responsabilités et construire le budget. Cette séquence évite de choisir sur la seule promesse de conformité.
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Questions fréquentes
À partir de quand une PME doit-elle émettre des factures électroniques ?
Le 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises dans le périmètre français. La réception est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 pour les entreprises assujetties concernées. Les grandes entreprises et ETI suivent l’échéance d’émission de 2026.
Les micro-entreprises sont-elles concernées ?
Oui, les micro-entreprises assujetties concernées suivent le calendrier, y compris celles en franchise en base de TVA. Réception depuis septembre 2026 et émission à partir de septembre 2027 se distinguent. La franchise ne signifie pas automatiquement exclusion du dispositif.
Quelle différence entre plateforme agréée et PDP ?
PA est l’appellation actuelle de plateforme agréée ; PDP signifiait plateforme de dématérialisation partenaire. Vérifiez le statut de l’opérateur dans la liste officielle DGFiP. Un logiciel compatible peut s’appuyer sur une PA distincte.
Un PDF envoyé par e-mail suffit-il ?
Non, un PDF ordinaire envoyé par e-mail ne constitue pas le circuit réglementaire français. Les données doivent être structurées et acheminées via une plateforme agréée pour les opérations concernées. Factur-X associe un PDF lisible et des données XML, mais le routage reste à contrôler.
Quelles sanctions en cas de non-conformité ?
Au 6 octobre 2026, la loi prévoit 50 € par facture non émise électroniquement, plafonnés à 15 000 € par an, et 500 € par transmission d’e-reporting manquante, avec un plafond annuel de 15 000 € pour chaque obligation concernée. Des règles de régularisation et une tolérance au démarrage existent. Vérifiez le texte applicable à la date de l’infraction avant de calculer un risque.
Faut-il changer de logiciel comptable ?
Non, pas systématiquement. Vérifiez d’abord les capacités de votre outil et sa connexion à une PA. Si la source ne peut pas produire les données structurées nécessaires, une intégration ou un changement devient une décision de projet.
L’e-reporting remplace-t-il la déclaration de TVA ?
Non, l’e-reporting transmet des données de transactions et de paiements ; les déclarations de TVA restent dues. Le rapprochement contrôle les différences de base, de période et d’exigibilité. Conservez un calendrier distinct pour la transmission et pour la déclaration.
Une filiale espagnole est-elle concernée par la réforme française ?
Non, pas automatiquement : l’établissement et les opérations déterminent le périmètre. La filiale suit aussi les règles espagnoles, dont RRSIF et la facture B2B Crea y Crece, qui sont distincts. Une matrice par entité évite de transposer le calendrier français à tout le groupe.
Sources et références
- DGFiP : Périmètre de la réforme
- BOFiP : Règles de transmission des paiements
- DGFiP : Calendrier de la réforme
- DGFiP : Rôle des plateformes agréées
- DGFiP : Liste officielle des plateformes
- AIFE : PPF et annuaire de facturation
- DGFiP : Spécifications et normes de facturation
- FNFE-MPE : Standard Factur-X
- FNFE-MPE : Implémenter et contrôler Factur-X
- Légifrance : CGI, article 1737 : sanctions de facturation
- Légifrance : CGI, article 1788 D : e-reporting (version consultée en 2026)
- Ministère de l’Économie : Tolérance annoncée jusqu’à fin 2026
- AEAT : Systèmes de facturation espagnols : calendrier RRSIF
- BOE : Espagne : décret 238/2026, facturation B2B
- BOE : Espagne : arrêté HAC/1028/2026, solution publique
